Environ 70 professionnelles et professionnels des domaines de la politique, des soins de santé, des assurances, de la recherche et du développement ainsi que de l’administration ont participé au 11e symposium sur le DEP. Placé sous le titre « Le DEP en pratique – de bons exemples issus du terrain », le symposium a mis en lumière l’utilisation concrète du dossier électronique du patient (DEP) ainsi que son évolution vers le dossier électronique de santé (DES). L’objectif était de rendre visibles des exemples de réussite, de discuter ouvertement des défis et de donner des impulsions pour la poursuite de la mise en œuvre.
La FMH a situé les développements actuels dans leur contexte politique et a fait référence au nouveau projet de loi visant à transformer l’actuel DEP en un dossier électronique de santé (DES). Cette révision totale a pour objectif une numérisation plus utile, plus efficace et mieux intégrée dans le quotidien des soins. Les thèmes centraux sont la pénurie de personnel qualifié, l’allègement administratif, la tendance vers les soins ambulatoires ainsi que la clarification des questions de financement. La discussion a clairement montré que l’opportunité d’un véritable nouveau départ est là : le système de santé ne peut pas se permettre une décennie supplémentaire d’attentisme.
L’exemple du Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) a illustré comment le DEP peut fonctionner en pratique. Le DEP y est profondément intégré au système primaire : les documents sont automatiquement archivés et les patientes et patients peuvent déjà consentir à l’ouverture de leur dossier pendant leur séjour hospitalier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 11 000 comptes de patients actifs, une grande satisfaction tant chez les patientes et patients que chez les professionnelles et professionnels, ainsi qu’une utilisation active, où les patientes et patients déposent eux-mêmes des documents, témoignent d’une forte acceptation. Une faiblesse majeure subsiste toutefois : l’intégration insuffisante des médecins de famille continue de compliquer la circulation fluide de l’information.
Cette problématique a également été confirmée par le point de vue d’un cabinet de médecine de premier recours. La mise en œuvre du DEP y est décrite comme complexe et chronophage. En particulier, l’absence de synchronisation entre le logiciel du cabinet et le DEP entraîne une charge administrative supplémentaire. Les médecins doivent sélectionner, relier et gérer manuellement les documents, tandis que de nombreux rapports arrivent chaque jour. Des responsabilités peu claires en matière de souveraineté des données, la gestion de la liste des médicaments et la motivation des patientes et patients constituent d’autres obstacles.
Lors d’un échange avec une utilisatrice du DEP et un représentant des patients, il est apparu que le bénéfice potentiel pour les patientes et patients est élevé, mais que l’utilisation effective reste encore trop compliquée. L’utilisatrice apprécie l’accès aux résultats et aux documents, mais souhaite nettement plus de fonctionnalités, telles que l’archivage automatique des ordonnances électroniques, une vue complète des données de tous les fournisseurs de prestations ou un partage simple des données via un code QR. Le représentant des patients de Positivrat Schweiz a souligné que la Suisse est en retard en comparaison internationale et que la confiance dans le système – tant du côté des patientes et patients que des fournisseurs de prestations – doit être renforcée. L’implication des patientes et patients a été soulignée à plusieurs reprises comme un facteur clé de succès.
Du point de vue de la Confédération et des cantons, il a été expliqué comment la transition du DEP vers le DES doit être organisée. Jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, le DEP existant reste valable ; parallèlement, des standards doivent être mis en œuvre, l’obligation de raccordement préparée et l’utilité pour les professionnelles et professionnels accrue. Parmi les principales nouveautés figurent une infrastructure technique centralisée, une répartition claire des tâches et du financement entre la Confédération et les cantons, l’introduction d’un droit d’opposition ainsi qu’une standardisation contraignante pour l’échange de données.
L’exemple du canton de Berne a montré que le succès du futur DES dépendra de manière décisive de la valeur ajoutée concrète. Un simple espace de stockage de données ne suffit pas : le DES doit plutôt répondre à la question : « Dans quel état de santé suis-je ? » Quatre thèses ont souligné que seules des applications créatrices de valeur, une intégration complète dans l’écosystème de la santé et un bénéfice personnel clair permettront une utilisation à large échelle. La fenêtre temporelle est limitée : le lancement du DES est prévu pour 2030.
Des exemples concrets d’innovation ont été présentés par des équipes de recherche et de développement, notamment sur la saisie structurée des données relatives aux vaccinations et au statut immunitaire ou sur la numérisation du carnet de vaccination. De telles applications montrent comment des données standardisées peuvent donner naissance à de nouveaux services, qui soulagent à la fois les patientes et patients et les professionnelles et professionnels, tout en apportant une valeur ajoutée à la santé publique.
Une comparaison avec le Danemark a permis d’élargir la perspective. La numérisation du système de santé y est plus avancée, la confiance dans l’utilisation des données plus élevée et de nombreuses données sont déjà interconnectées. L’exemple danois montre toutefois aussi que la complexité augmente avec la croissance d’un écosystème de données. Les facteurs décisifs de succès ne sont pas la perfection, mais la capacité d’adaptation, des standards contraignants et un accès simple aux données interconnectées. Des applications telles que le suivi à distance des patients (Remote Patient Monitoring) ou des vues de données spécifiques à certaines maladies illustrent le potentiel d’une mise en réseau cohérente – une voie que la Suisse pourrait également emprunter.
Le symposium a clairement montré que la seule base technique ne suffit pas. Le succès du DEP, respectivement du futur DES, dépendra de la capacité à impliquer tous les acteurs, à créer de véritables valeurs ajoutées et, en particulier, à considérer systématiquement les patientes et patients comme des partenaires actifs du système de santé.
Frais de participation
CHF 90.– pour les membres de Santé publique Suisse
CHF 170.– pour non-membres
CHF 50.– pour étudiant-e-s et doctorant-e-s
déjeuner debout ou panier-repas inclus
Crédits
- Société suisse des médecins spécialistes en prévention et en santé publique (SPHD) : 3 crédits
- Association Suisse des infirmières et infirmiers (ASI) : 2.5 crédits
Lieu de la manifestation
La manifestation aura lieu à la Poste Suisse ( Wankdorfallee 4, 3030 Berne ).
Nous recommandons de venir en transports publics. Vous trouverez ici le plan d'accès.
Nous nous efforçons de faciliter l’accès aux personnes handicapées ( dans la mesure où elles sont disponibles ). Les demandes individuelles peuvent être signalées directement au comité d’organisation.
Interprétation simultanée
Le symposium sera traduit simultanément en allemand et en français à l’aide de l’intelligence artificielle.
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Déroulement de l’inscription
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Remarques importantes
- L’inscription à la conférence est définitive.
- En cas d’annulation effectuée avant le 5 décembre 2025 50 % des frais d’inscription à la conférence seront remboursés. Après cette date ou en cas d’absence à la conférence, le solde est dû et aucun remboursement ne sera effectué.
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- Les membres collectifs bénéficient de 3 entrées au tarif membre, les membres donateurs de 6 entrées au tarif membre. Les inscriptions seront prises en compte dans leur ordre d'arrivée.
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